Jean-Michel MIRALLES

artiste peintre, né à Oran en 1960

Elève des Beaux-Arts de Cergy et de Paris

vit et travaille dans le Val d'Oise

 

 

 

 

 

Mon propos est fondé sur un paradoxe. Le hasard maîtrisé, l’accidentel affirmé, c’est comme si le tableau voulait son autonomie et que constamment je le ramenais à ma propre volonté.

 

Le travail se résume à des choix, à accepter, à refuser ce que me dit la matière posée sur la toile. L’idée de départ n’est que prétexte.  La matière n’est pas neutre, elle est saturée de vécu, de mémoire, c’est une chair vivante avec ou contre qui je me confronte. La réalité qui s’en dégage est capable, il me semble, de capter nos sensations les plus fugaces et les plus cachées, d’emprisonner nos regrets. 

 

Que la peinture soit figurative ou abstraite, elle est la volonté de donner une forme, de créer une évidence ; il n’y a pas de différence d’intention mais le même sentiment de se perdre à la poursuite de quelque chose. Dans ces jeux de tension, ces allers-retours entre figuration et abstraction, on peut découvrir et ressentir la liberté de créer une réalité nouvelle. Chaque tableau prend sa place et le détail devient signifiant d’unité.

 

Jean-Michel MIRALLES

Cicatrices, fragments de scarifications.

 

Et chacun de se souvenir, dans les replis de son cerveau reptilien, d’un are de terre, d’un âtre éteint, des traces d’un sacrifice, des peaux, des cuirs, de ces désirs rudes au toucher.

 

Partie de cache-cache, usure de carapace, l’artiste ne vous offre que les traces de ses blessures, silhouettes en train de s’effacer, la table mise, des restes de sutures, de caresses sensuellement transmissibles.

 

Le portefaix se soulage devant vous.

De toute une vie.

Et grâce à son travail rustique vous restitue, par sédimentation, le centre de la gravité, l’indispensable.

Sans un signe de trop.

 

Yvon BOHERS